
Bismillah Ar-Rahman Ar-Rahim
As sallam ‘alaykounna wa ramatoullah wa barakatouh
Chères sœurs, nous nous retrouvons aujourd’hui pour traiter dans cet article d’un sujet qui n’est autre que de la dépendance affective.
Voici ce que vous trouverez dans cet article :
- La définition de la dépendance affective.
- Ces racines.
- Ces manifestations/Quelques signes de la dépendance affective.
- Les figures d’attachements
- Des pistes éventuelles pour voir ce qui peut se cacher au-delà.
- Que dit l’Islam à ce sujet ?
Dans un premier temps, pourquoi ce sujet abordé ?
Parce que c’est un sujet touchant bons nombres parmi nos sœurs.
Également parce que les sœurs vivant cette problématique ressentent une réelle souffrance liée à cet état.
L’entourage peut prendre la situation au sérieux ou bien à contrario la banalisé.
Pour certaines sœurs, elles en reconnaissent les signes mais ne parviennent pas à poser un terme dessus.
Pour toutes ces raisons et d’autres, abordé ce sujet est à mon sens important.
- La connaissance (savoir ce qu’est cette dépendance)
- La compréhension (comprendre ce qu’elle est véritablement)
- La reconnaissance (la personne se reconnaissant dans cette souffrance)
- L’action (agir pour rechercher sa délivrance).
Cette dynamique représente le parcours par lequel la personne affectée par cette problématique passe. Cela ne signifie pas que ce parcours sera systématique facile et cela ne se résume pas simplement en des étapes à franchir car ce parcours est vécu individuellement et différemment en fonction du vécu de la personne, de sa personnalité, de ses forces et de ses failles.
Sa définition
Avant de creuser le sujet, il est important de revenir à la définition de ce qu’est la dépendance affective :
Il s’agit d’une manière de vivre un lien (quel que soit sa nature) dans lequel la personne en question prend une place trop excessive et vient perturber l’équilibre interne de la personne.
Ces racines
Celles-ci sont multiples : Cependant, l’enfance est un facteur relativement marquant dans ce type de fonctionnement.
A titre d’exemple :
- Lorsque l’enfant n’a pas reçu un cadre sécurisant.
- Des limites non posés ou l’amour sain n’a pas été clarifié.
- L’enfant ayant vécu du rejet, de l’abandon, un manque d’amour, de la maltraitance…
- Lorsque le besoin d’amour, de reconnaissance de l’enfant n’a pas suffisamment été apporté.
Des événements difficiles survenu au cours de la vie adulte peut aussi être le déclencheur d’une dépendance affective qui surgit alors.
Ces manifestations
La dépendance affective comporte des signes, des agissements et des propos permettant de pouvoir la détecté.
Il convient de prendre plusieurs paramètres en considération pour poser ce terme.
Elle est source de souffrance pour la personne qui la vit de même que pour ces proches.
Ces derniers sont parfois la cause de la prise en charge de la personne en souffrance ; l’entourage vivant de plus en plus difficilement la situation.
Voici quelques signes de cette dépendance :
- Vous ressentez que le lien conditionne votre bien-être.
- Que votre prise de décision se fait constamment en fonction de l’autre.
- Vous ressentez un besoin récurrent d’être rassuré, valoriser par l’autre.
- Vous ressentez une peur excessive d’être abandonnée.
- Vous avez des attentes et demandes irréalistes envers l’autre.
- Vous constatez une surveillance régulière de votre part à l’égard de votre proche (messages, appels, les personnes gravitant autour d’elle…)
La sœur éprouvant cette dépendance ressent le besoin d’être rassurés de manière permanente, attendant très régulièrement de nouvelles preuves d’amour, d’amitié.
Cependant, une fois rassurée, cet apaisement s’estompe pour laisser place de nouveau à des sentiments négatifs qui vont la pousser à ressentir ce besoin d’être rassuré.
C’est donc un cercle vicieux.
Les figures d’attachements
Nous avons tous ce que l’on appelle des figures d’attachements.
La plupart du temps il s’agit de ceux qui nous ont élevés à savoir nos parents ; mais dans certaines histoires de famille, les figures d’attachements sont les grands parents, parfois les tantes, les oncles …
Ce sont ces premières figures d’attachements qui vont conditionnés l’individu dans le lien à l’autre.
Lorsque ces figures d’attachement sont saines, l’enfant se sentant rassurés et recevant ce dont il a besoin, arrivera par la suite (par la permission d’ALLAH ‘azawajel) à tisser des relations sereines et stables.
En revanche ; lorsque les figures d’attachements sont instables, dysfonctionnels, non sécurisante. L’enfant développe des mécanismes le poussant à s’adapté aux personnes et à l’environnement qui l’entoure.
Si cela n’a pas été pris en charge dès son jeune âge, il y a une possibilité que ces mécanismes mis en place de manière involontaire au cours de son enfance suive une continuité à l’âge adulte le poussant plus tard à potentiellement agir de manière dysfonctionnelle dans ces liens avec autrui et donc nuisent à ces relations.
Ce qui peut se cacher au-delà
La dépendance affective est ce que j’appellerais la surface de l’iceberg.
Ce cache sous la surface une réalité parfois consciente, inconsciente, refoulé, douloureuse… Qui est un besoin profond et ancrée chez la personne agissante ainsi :
Un besoin de sécurité, de réassurance, un besoin d’amour non comblée antérieurement, un besoin de valorisation.
L’autre étant un moyen (aux yeux du dépendant affectif) de parvenir à ces besoins non comblés.
Or, le cœur de l’affaire est bien souvent le rapport que la personne entretient avec elle-même et non le lien avec la personne ciblée.
Un travail thérapeutique est donc vivement recommandé. Il peut être entreprit seule si la personne s’en sent capable ou bien elle peut faire le choix de se faire accompagner dans cette démarche.
Cet accompagnement est spécifique à chacune, et donc l’avancement du processus thérapeutique varie d’une sœur accompagnée à une autre.
J’aime à rappeler et cela est important : Que le process thérapeutique n’est pas standardisée.
Chaque personne ayant son histoire de vie, sa personnalité, ces limites… L’accompagnement ce veut ainsi progressif.
Chères sœurs, tant que votre démarche est sincère, que vous sollicitez l’aide d’ALLAH ‘azawajel pour vous en sortir, vous ne pourrez être que facilité tôt ou tard, car ALLAH ne délaisse pas sa servante sincère.
Que dit l’Islam à ce sujet ?
L’être humain à été créé pour vivre en société avec ses semblables.
ALLAH nous dit dans Sa parole :
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَـٰكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَـٰكُمْ شُعُوبًا وَقَبَآئِلَ لِتَعَارَفُوٓا۟ ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ ٱللَّهِ أَتْقَىٰكُمْ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ ١٣
Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur.
Sourate Al-Hujurat (49) verset 13.
ALLAH ‘azawajel nous a donc créé avec ce besoin d’interagir avec l’autre que ce soit par le biais de nos liens familiaux, amicaux, professionnelles…
La relation n’étant pas en elle-même la problématique au sein de la dépendance affective mais plutôt la manière dont ce lien est vécu.
Le cœur aime, s’attache aux créatures et cela est naturel.
La problématique intervient lorsque le cœur est attaché de manière excessive ; se trouve alors, un déséquilibre.
A titre de rappel souvenons-nous du récit d’Adam (‘alayhi sallam) ;
Il résidait au paradis, il jouissait de tous ce dont il voulait, cependant il ressentait un besoin de compagnie ; pour cela, ALLAH ‘azawajel créa pour lui hawa (Qu’ALLAH soit satisfait d’elle) pour lui tenir compagnie et ainsi il fut comblé.
Pourquoi cet attachement excessif est néfaste ?
Car notre cœur a été créé pour l’amour d’ALLAH ‘azawajel, que Lui Seul mérite un amour pur, complet et exclusive.
ALLAH nous dit dans Sa parole :
وَمِنَ ٱلنَّاسِ مَن يَتَّخِذُ مِن دُونِ ٱللَّهِ أَندَادًا يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ ٱللَّهِ ۖ وَٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ أَشَدُّ حُبًّا لِّلَّهِ ۗ
Et parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or, les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah.
Sourate Al-Baqarah (2) verset 165
Il est donc important pour chacune de faire l’examen de notre nafs (âme) :
« Cette relation dépasse t-elle les limites ?
Me pousse t-elle à agir de manière injuste envers les créatures ?
Capte t-elle mon cœur plus quel ne le devrait ?
Est-ce que ce lien m’éloigne des obligations qu’ALLAH m’a ordonné ? »
Ces questions d’introspection n’ont pas pour but de déclenché une culpabilité chez les sœurs traversant cette dépendance mais plutôt elles sont posées afin de rechercher la correction de la nafs (âme).
عن فضالة بن عبيد : المجاهدُ مَن جاهَد نفسَه في اللهِ
D’après Fadâlah ibn ‘Ubayd رضي الله عنه :
« Le moujâhid est celui qui lutte contre son âme pour Allah. »
شعيب الأرنؤوط، تخريج صحيح ابن حبان (٤٧٠٦) • إسناده صحيح
Référence : Shu‘ayb al-Arna’ût, Takhrîj Sahîh Ibn Hibbân, n° 4706. Il a jugé sa chaîne de transmission authentique (isnâduhu sahîh).
Et aussi ce verset :
وَالَّذِينَ جَاهَدُوا فِينَا لَنَهْدِيَنَّهُمْ سُبُلَنَا ۚ وَإِنَّ اللَّهَ لَمَعَ الْمُحْسِنِين
« Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est certainement avec les bienfaisants. »
Sourate l’araignée (29) verset 69
L’islam nous appelle à la modération dans toute chose, y compris dans nos liens affectifs.
Des lors que ces limites sont franchies, il convient de regarder ce qu’il se passe chez la personne ressent cela ; Comment elle perçoit les choses, comment vit-t-elle le lien et comment celui-ci s’est construit et à évolué.
Je demande à ALLAH ‘azawajel à ce que cet article est pu vous être profitable.
Qu’ALLAH vous préserve.
Vous vous reconnaissez dans cet article ?
Je vous accompagne avec bienveillance, sans jugement, en accord avec le Coran et la Sunna.
